Principes fondamentaux

La Maison Ouverte est un endroit où l’enfant peut vivre ses premières expériences de socialisation. Les conditions y sont réunies pour que l’enfant puisse exercer son autonomie, à son rythme, en présence de l’adulte qui l’accompagne. Car, l’apprentissage de l’autonomie est important avant toute séparation.

C’est grâce à la présence de sa mère que l’enfant peut oser plus facilement se séparer d’elle. L’enfant se sent alors plus en sécurité pour aller vers d’autres enfants et développer sa manière d’entrer en relation par le jeu, soit avec l’autre, soit côte à côte. Ainsi, la fréquentation de la Maison Ouverte est susceptible de favoriser la transition maison-société.

 

Reconnaître ce qu’il y a d’unique chez l’enfant, son identité propre, ses désirs.

 

La socialisation précoce et la séparation en sécurité renforcent l’enfant dans sa capacité d’autonomie et dans sa confiance en lui, éléments gagnants dans la prévention.

 

Françoise Dolto a toujours privilégié le langage avec les très jeunes enfants ainsi que le respect de tout être humain.

Reconnaître et défendre son propre désir et ne pas prendre le désir de l’autre pour soi est une condition essentielle pour construire sa personnalité. Pour F. Dolto, l’identité de l’enfant vient de la certitude et de la confiance qu’il a d’être lui-même conscient de sa valeur, de son sexe, de son âge et de la place qu’il est en droit d’occuper dans le monde.

Des petits  moments  à La Maison Ouverte qui semblent anodins permettent quelques fois le dénouement nécessaire pour aller de l’avant, dans l’accomplissement de ses propres désirs.

Dans cet exemple, le désir de Léo et de sa maman semblent se chevaucher et se confondre. La difficulté se situe au niveau de l’acceptation d’un désir de l’autre différent du sien.

Acceptation du désir de l’autre différent du sien

Léo 2 ans, arrive à La Maison Ouverte avec sa mère. Il veut repartir, il pleure, se fâche et tire sa mère par la main.  Celle-ci semble avoir le désir de rester.

Nous prenons la parole pour citer tout simplement les faits : « Toi Léo tu veux partir et ta maman aimerait passer un moment avec nous. Tu peux l’attendre dans l’entrée ou tu peux venir t’asseoir près d’elle . »

Léo vient rejoindre sa mère qui le prend sur ses genoux, lui enlève son manteau, lui donne un biscuit et un gobelet de jus qu’elle tient elle-même comme un biberon.

Une étape importante vient de se vivre, les deux ont besoin de se rassurer en se rapprochant l’un de l’autre.

Léo regarde les autres enfants jouer et se détend. Après un moment, il descend des genoux de sa maman et se laisse prendre par le plaisir de la découverte.  Il fait de petites tentatives d’exploration avec les jouets, revient vers sa mère et prend le risque de se rapprocher des autres enfants.

La maman s’autorise à respecter son propre désir et Léo se différencie de sa maman en prenant l’initiative d’amorcer une petite séparation.

Reconnaître les émotions de l’enfant

Il est 11h50, la Maison Ouverte va bientôt fermer. Adrien, 1 an et demie, est arrivé avec sa maman 1h30 plus tôt et n’a pas envie de mettre son manteau et de s’en aller comme elle le lui demande.

Il pleure, tente de s’échapper des bras de sa maman, veut retourner jouer avec les voitures.

Je m’accroupis alors près de lui et lui parle à travers ses larmes : « Tu es fâché de devoir partir Adrien, tu t’amusais et tu n’as pas envie d’obéir à ta maman. Tu voudrais continuer à jouer encore. On le comprend bien. Personne n’aime être obligé. Mais ta maman sait quand il est temps pour vous de mettre son manteau et de partir. »

Adrien, se sentant reconnu dans son désir de rester, accepte de mettre son manteau et de nous dire bonjour.

Reconnaître le désir de l’enfant

Ève, 2 ans et demie, a joué un moment dans la Petite Maison, qu’elle a finalement quitté pour faire jouer avec la pâte à modeler. Anaëlle, le même âge, s’approche alors de la Petite Maison et y entre avec 2 toutous.

Pour Ève, cela semble douloureux de voir une autre fillette entrer dans la Petite Maison ; elle court vers sa mère, crie et pleure en montrant la Maisonnette du doigt. Anaëlle –toujours dans la Petite Maison- est comme figée; elle ne bouge pas et n’ose plus jouer.

Je m’approche alors d’elle et lui dit que si elle veut jouer dans la Petite Maison, elle a le droit, la Petite Maison est à tout le monde.

Anaëlle me sourit, installe ses toutous sur les chaises et leur cherche des couverts.

Soutenir le désir d’Anaëlle semble l’avoir autorisée à vivre son désir dans le plaisir.